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    Restauration scolaire : traitement des bio-déchets et lutte contre le gaspillage alimentaire

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    De nombreuses communes prennent en charge le traitement des déchets alimentaires produits par les cantines scolaires. Elles complètent cette démarche par des mesures de réduction du nombre de bio-déchets et d'éducation des élèves sur la question.

    Ces initiatives répondent aux engagements du parlement européen de réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici 2025. En France, la loi Grenelle II reprenant les directives européennes a pour objectif de recycler 75 % des déchets agro-alimentaire. Dans le cadre du pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, une journée « Zéro Gaspi » qui se tient chaque année le 16 octobre réunit les principaux acteurs engagés dans cette mission.

    La restauration collective (scolaire, sociale hospitalière) génère un volume annuel de 500 000 tonnes de déchets. Concernant les déchets produits par la restauration scolaire, l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) estime qu'un seul repas génère 150 g de déchets organiques et 100 g de déchets divers (carton, matière plastique,..).

     Une obligation de tri et de valorisation

    L'article 204 de la loi Grenelle II prévoit que les producteurs de quantité importante de déchets composés en majorité de bio-déchets sont tenus d'assurer ou de faire assurer leur tri à la source en vue de leur valorisation organique.

    Le seuil à partir duquel les communes sont obligées de traiter les déchets alimentaires a évolué depuis sa mise en place en 2011. Ce seuil de 40 tonnes annuelles prévues en 2014 sera ramené à 20 tonnes en 2015 puis 10 tonnes en 2016. Ce dernier chiffre correspond à une consommation d'environ 70 000 repas par an. Une majorité de cantines scolaires sera donc concernée par cette mesure. Par contre, lorsque la commune confie la restauration scolaire à un prestataire, ce dernier assume cette responsabilité.

    La valorisation des déchets s'effectue essentiellement par compostage. Mais il existe d'autres types de traitement comme la méthanisation (transformation en biogaz) ou le séchage.

    Des communes engagées dans la réduction des déchets alimentaires

    Afin de réduire le nombre de déchets, des communes adaptent les portions aux besoins des convives et notamment selon leur âge.

    Des communes de Hautes-Garonne comme Lapeyrouse-Fossat, Saint-Loup-Cammas, Saint- Genies, Pechbonnieu ou Montberon associent les enfants à cette démarche. Elles ont organisé une animation au sein des cantines : les restes des plateaux ont ainsi été triés et pesés. Le coût du repas est évalué par les élèves afin de les inciter à consommer autrement. Ces animations sont complétées par des expositions sur l'importance de conserver au mieux les ressources (eaux, surface agricole, énergie pour produire les aliments,...) ainsi que l'environnement et de veiller à un équilibre des repas.

    Enfin des communes proposent dans le cadre des rythmes scolaires des cours de cuisine et de diététique. Des slogans «manger, c'est bien, jeter, ça craint » ou «stop au gaspi alimentaire» accompagnent ces initiatives.

    Pour en savoir plus:

    Circulaire du 10 janvier 2012 relative aux modalités d'application de l'obligation de tri à la source des biodéchets par les gros producteurs (article L 541-21-1 du code de l'environnement)

    Arrêté du 12 juillet 2011 fixant les seuils définis à l'article R. 543-225 du code de l'environnement (bio-déchets et huiles alimentaires)

    Paru dans :

    Info-lettre n°132

    Date :

    15 septembre 2014

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